La bière et sa fabrication sont-elles écologiques ?

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La bière actuelle est fabriquée à partir d’eau, de malt d’orge et de houblon. C’est donc un produit sain à la base. Toutefois, les besoins de sa production et de son transport posent le problème de la gestion environnementale. Les brasseries et politiques, depuis plusieurs décennies, ont donc entrepris de trouver des moyens de réduire l’impact énergétique et environnemental de ce domaine d’activité.

La problématique d’un processus écologique

Fabriquer une bière plus verte passe par l’utilisation de céréales produites localement et l’optimisation des process. Il s’agit en effet pour les brasseries de réduire leur empreinte carbone et parvenir à la neutralité carbone. Cet objectif est en voie d’accomplissement puisqu’en trente ans, les brasseurs ont diminué de 40 % en moyenne la consommation d’eau utile à la fabrication de la bière et au nettoyage des installations. Ainsi, la fabrication d’un litre de bière est passée de l’utilisation de 10-20 litres en moyenne à 6 litres voire 3,5 litres.

La solution employée est le recyclage de l’eau en utilisant un nettoyant alcalin suivi d’une phase de stérilisation. Des brasseries belges ont même installé des stations d’épuration qui récupèrent l’eau pour le nettoyage des cuves. Les eaux usées sont ensuite utilisées pour faire du biogaz. Ce gaz est transformé en électricité, réduisant ainsi l’impact énergétique. D’autres brasseries se sont tournées vers l’énergie solaire, les éoliennes ou la biomasse.

Notons toutefois que ce désir d’aller vers un process plus propre a un coût que de nombreuses brasseries artisanales ou de petites tailles n’arrivent pas toujours à assumer.

Réduction du CO2 et gestion des résidus

Du semis au demi, le malt est sans cesse manipulé en vue d’améliorer le bilan carbone de la bière.

Par ailleurs, l’Union européenne a financé en 2010 un projet dénommé FICOB. L’objectif était de créer une nouvelle technologie de récupération efficace du CO2 via des cuves de fermentation. Le CO2 ainsi récupéré servira à la fabrication des boissons gazeuses. Cette technologie baptisée ECO2Brew fonctionne sans eau et consomme moins d’énergie tout en récupérant plus de CO2 que les autres technologies. En effet, une usine d’ECO2Brew produisant 1000 kg/heure économisera environ 4600 mètres cubes d’eau par an avec moins de 20 pour cent d’énergie consommée.

Concernant la gestion des drêches, ce coproduit issue du brassage de la bière a connu plusieurs développements. Ainsi, en application de la loi Grenelle 2 de 2010, les brasseries ont trouvé des moyens d’exploiter ces résidus. Les drêches, très riches en protéines, sont vendues aux agriculteurs ou aux entreprises de collecte des déchets organiques. Des produits à base de drêches ont vu le jour et sont vendus en boutiques tels que les Brewsticks, biscuits apéritifs et des nouilles. Les drêches sont également utilisées pour l’alimentation du bétail.

Packaging et transport

La bière est conditionnée en fûts, en bouteille ou en canette. Certaines brasseries ont opté pour des fûts en inox réutilisables. Vu le coût élevé d’un tel choix, Léon-Christophe Etile, spécialiste en développement durable, a proposé la création d’entreprises qui loueront des fûts aux brasseurs artisanaux. Comme activités, les entreprises récupéreront, laveront et renverront aux clients des conditionnements recyclables tels que : fûts, bouteilles ou casiers.

Le transport a également été revu. Le nombre de déplacements est limité et des moyens de transport moins polluants sont utilisés comme les ecotrucks, le train ou les voies fluviales.

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