Municipales en France : ce que l’on retient du premier tour

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Le soir du 15 mars, l’actualité française était tout simplement rythmée par la déclaration du Premier ministre Edouard Philippe. Ce dernier venait de décréter l’application du confinement dans les grandes villes du pays.

Éclipsant par la même occasion les résultats du premier tour des élections municipales qui venait d’avoir lieu. Retour sur les chiffres importants de cette élection.

Quel a été le taux de participation au premier tour des municipales en France ?

À la veille des élections, un total de 47,7 millions d’électeurs répartis à travers la France furent invités à prendre d’assaut les bureaux de vote. Dans les urnes, 902.4265 candidats répartis sur 20 765 listes avaient fait le maximum pour voir leur nom ressortir au soir des résultats.

Malheureusement, l’abstention fut le fait le plus marquant de ce premier tour. En effet, les élections du 15 mars ont accouché d’un taux d’abstention historique de 53,5 %. Soit une augmentation de 18 points par rapport aux précédentes municipales. Le pourcentage de votants s’élève donc à 46,5 %. Ce taux d’abstention s’explique notamment par la pandémie du coronavirus qui a également impacté beaucoup de secteur, tels que le tourisme, les métiers de la communication, et bien d’autres encore.

Certes, le nombre de postes à pourvoir pour les élections de cette année est moindre comparativement aux chiffres de 2014. Ceci en raison des regroupements communaux qui ont été opérés dans cet intervalle. Cependant, ce facteur est très loin d’être la raison de cette abstention. La raison principale n’est rien d’autre que la crise de coronavirus qui couvrait peu à peu la France. Selon certains sondages, 39 % des électeurs ayant préféré ne pas voter ont mis en avant la peur du nouveau virus.

Quels ont été les résultats du scrutin du 15 mars ?

Les résultats du premier tour des municipales en France ont permis une importante progression des listes écologiques. Particulièrement, le parti Europe Écologie Les Verts qui a vu ses candidats faire de bons scores. D’ailleurs, son seul maire élu à la tête d’une ville comptant plus 100 000 habitants est arrivé très largement en tête des suffrages. Mieux, le parti est bien placé dans plusieurs grandes villes et arrive en tête des suffrages dans des villes comme Lyon, Strasbourg et Besançon.

Du côté du Rassemblement national, l’heure est plus au statu quo. En effet, sur les douze listes conduites par les maires provenant de la formation, huit ont eu gain de cause dès ce premier tour. Les quatre autres sont bien placées. Par contre, le RN n’a été capable d’aucun exploit. Il a même reculé dans des communes où il avait opéré des percées lors des récentes élections présidentielles et européennes.

S’agissant des partis historiques comme le Parti Socialiste et Les Républicains, le bilan est plutôt mitigé. Si les Républicains ont été capables de faire réélire certains de leurs maires sortants, ils n’ont pas existé dans les grandes villes françaises. Là où les socialistes de leur côté sont bien partis pour rependre des villes comme Paris, Lille ou Rennes. Cependant malgré une belle surprise réalisée à Marseille, le parti n’a pas su faire mentir les pronostics.

Le perdant de ces élections reste sans aucun doute le parti de La République en marche. Le parti au pouvoir ne l’emporte qu’à Tourcoing et à Coulommiers. Dans les autres communes, les candidats du parti sont presque tous en ballottage défavorable. Sauf Édouard Philippe au Havre qui devra néanmoins livrer une bataille serrée au second tour pour espérer revenir à la tête de la ville.